Avant on disait « I’ll be back » et maintenant on dit : She’s BACK !

by | 24 Jul, 2018

Harley DAvidson Fatboy 2018

À la fin des années 80, alors que je passais à peine mon permis moto, les Japonais s’acharnaient à copier ce que faisaient les Américains en terme de motos. Ils comprirent cependant assez rapidement que si l’on voulait des motos efficaces, moins chères et qui freinent pour de vrai, ils ne pourraient compter que sur eux-mêmes. Mais peu importe, la rumeur dit que les Américains commençaient à en avoir un tout petit peu marre de se faire cloner.

 

C’est à cet instant que Willy Davidson et Lou Netz dévoilent le Fat Boy. Sorte de grosse moto au look « vintage » (déjà à l’époque) avec une mécanique moderne dessous  – bien qu’en ce temps-là, il fallait savoir raison garder sur le concept de « mécanique moderne » chez Harley ; un freinage aléatoire qui demandait de voir très loin dans le futur pour anticiper – c’est d’ailleurs pour ça qu’Arnold Schwarzenegger l’avait déjà adoptée dans le mythique Terminator qui aura façonné une génération. En plus du freinage, on pouvait également se demander lequel des deux fluides entre l’essence et l’huile la moto consommait le plus.

 

Si l’on en croit toujours la rumeur, Willy Davidson aurait exprimé son courroux vis-à-vis des Japonais en choisissant le nom « Fat Boy ». En effet, les deux bombes larguées sur Hiroshima et Nagasaki étaient surnommées « FatMan » et « LittleBoy ». Harley Davidson aurait donc contracté les deux noms pour donner naissance à la Fat Boy qui restera mythique pour la marque. Pour ceux qui doutent encore, les premières « Fat Boy » sorties de Milwaukee étaient de couleur argent, comme « Enola Gay » et « Bock’s Car », les deux bombardiers…

 

L’histoire ne dit pas comment les Japonais ont pris le clin d’œil, bien serait étonnant.

 

C’est avec ces pensées en tête que je me suis assis sur la nouvelle version de la Fat Boy 2018. Je devrais dire la « nouvelle FatBoy » tout court, parce qu’il n’est pas simple de retrouver le côté « vintage » du modèle d’avant. C’est même carrément futuriste. On retrouve bien sûr les roues pleines qui font la marque de fabrique du modèle, mais pour le reste le phare est devenu carré, on a supprimé le gros interrupteur sur le réservoir, c’est presque une autre moto. On n’a pas oublié le chrome un peu partout et de prime abord, on ne voit que le moteur et même si du premier coup d’œil il n’est pas simple de retrouver les lignes de celle de Terminator – on y retrouve assez rapidement quelques références, la grosse fourche, la selle creusée, le guidon évasé… Il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas y retrouver ses souvenirs d’enfance…

 

La première question que je me suis posé, c’est de savoir comment j’allais réussir à prendre un virage avec cet énorme boudin de 240 à l’arrière. Il faut dire que lors de ma première chevauchée en Harley, alors que je roulais encore « japonais », c’était déjà avec une « Night Rod » et j’avais fini tout droit dans un giratoire. Il faut croire que la technologie a fait des progrès puisque lors de mes premiers virages, j’ai été clairement surpris par la facilité à rentrer en courbe. Je suis d’ailleurs monté dans les contreforts jurassiens, comme à mon habitude et je n’en suis pas revenu. Enfin, je suis revenu des contreforts jurassiens, mais je n’en suis pas revenu de la facilité avec laquelle j’ai pu aligner les virages du Marchairuz. Mais pas que. Elle est aussi à l’aise dans les courbes plus serrées. La Fat est littéralement bluffante en virage, par moment j’avais presque le sentiment que je n’étais pas sur une Harley, mais sur autre chose… de pas américain.

 

Ça doit être ça la nouvelle génération.

 

Rien de négatif, bien sûr, mais juste par le fait que ce nouveau modèle au design complètement revu fait entrer Harley dans un nouveau siècle. Peut-être que certains « vieux bikers » vont se faire remplacer par des « jeunes banquiers » qui ont décidé que c’était très tendance de rouler américain. En tous les cas, cette nouvelle Fat Boy, c’est autre chose.

 

Le gros V-Twin de 114 cubic inches donne des accélérations linéaires et propres, le freinage est quelque chose que je n’avais jamais vu chez Harley Davidson, mais en même temps elle devient un peu trop citadine, un peu trop épurée à mon sens. Un peu moins rebelle. Sans compter que si vous laissez un échappement d’origine, vous aurez finalement l’impression d’être rentré dans le rang. D’ailleurs entre l’échappement qui ne fait pas de bruit et la moto qui est parfois trop propre pour être honnête, il ne reste plus qu’à respecter les limitations et se faire tatouer « I love Police Municipale » dans le dos. Comprenne qui pourra.

 

Définitivement, cette moto est un bond dans le futur pour Harley, mais certains puristes regretteront le côté old school. Lors de mes 400 kilomètres réglementaires, j’ai été impressionné par ses qualités de routière et toutes les qualités modernes qui étaient embarquées. Elle est efficace en virages, coupleuse à l’accélération, impressionnante en freinage. C’est moderne c’est la nouvelle génération définitivement. C’est devenu une vraie moto, un peu moins que ce que certains auraient pu aimer par le passé, mais il faut aller de l’avant et ce qu’Harley Davidson a fait.

 

Si l’on revient à l’entame de cette chronique, on peut se demander si l’on n’est pas revenu à la case départ, mais dans l’autre sens. Cette fois ce ne sont pas les Japonais qui ont copié les Américains, mais les Américains qui se sont inspiré des Japonais pour faire redevenir l’Amérique « Great Again ». Toujours est-il que même si je vieillis et même si je suis plus fan de la Fat Boy de Terminator que de cette nouvelle version futuriste, je dois dire que plus je roulais avec plus je m’y attachais. Comme quoi on oublie assez rapidement les standards auxquels on pense s’attacher le plus.

 

D’ailleurs, pas plus tard qu’hier matin, j’ai encore une fois tourné la tête au passage d’une moto qui m’avait attiré par sa ligne et son « brillant » et bien croyez-le ou non, c’était une Fat Boy 2018. Comme quoi… Oui, comme quoi, quoi qu’ils fassent chez Harley Davidson, leurs modèles conservent tout de même un capital sympathie hallucinant, parce que durant tout mon périple, on m’a demandé plusieurs fois : « c’est quoi cette moto ».

 

Toujours est-il que les années passent et que 30 ans après un des mythes de la marque de Milwaukee est toujours vivant et je dirais même qu’il est en train d’ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire, même si l’on va commencer à regretter les vieux moteurs qui tapent et qui vibrent.

 

Thomas Veillet – [email protected]

Merci à toute l’équipe d’Harley Davidson Genève, merci Laurent. Pour le prêt du véhicule.

 

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Harley-Davidson Genève

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Depuis que j’ai commencé à m’improviser chroniqueur automobile, les gens ont très vite pris l’habitude de me demander – avant de savoir comment je vais – quelle est ma voiture préférée. Ça fait 12 ans que j’écris des chroniques sur la bourse et soudainement, je m’occupe de voitures et tout le monde se fout totalement de la bourse, des changes et de la couleur du Bitcoin.

Thomas Veillet

Thomas Veillet s’est lancé un peu par hasard dans l’écriture de chroniques boursières il y a 12 ans. Depuis, la passion ayant fait son chemin, il était temps de passer à autre chose que la finance.

Depuis quelques temps, il s’est lancé dans les « chroniques auto et moto » – pour apporter de l’expérience conducteur et ne pas saouler le lecteur avec de la technique… Technique que l’on trouve sur les autres sites…

C’est avec son habituel ton décalé qu’il va essayer de vous faire partager ses aventures au volant ou au guidon. Tant que la maréchaussée lui laissera son permis.

Chroniques financières journalières de Thomas :
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