C’était mieux avant

by | 18 Jun, 2018

Porsche 911 SC Targa 1981 3.0L – 204 cv

Il y a des jours que l’on n’oublie pas. Il y a la naissance de vos enfants – des fois on le regrette après – il y a le jour où vous savez que vous ne retournerez plus à l’école, le jour où vous pouvez dire à votre « supérieur hiérarchique » que c’est un gros con (ça c’est pas tout le temps, mais moi c’est du vécu et c’est un jour que je n’oublierais pas)… Et puis il y a le jour où vous montez dans une voiture de collection. J’aurais pu dire dans une PORSCHE de collection, mais au fond de moi, je crois surtout que le souvenir restera parce que c’est une voiture qui est née à une époque où la seule chose qui m’intéressait c’était les boîtes playmobil.

 

Ce week-end, on m’a mis dans les mains une Porsche 911 SC Targa  de 1981 avec 204 cv.

 

Le but de la journée c’était de la convoyer depuis la porte d’Octodure jusqu’à Genève en passant par Chamonix en évitant les autoroutes, les péages, les radars et les types qui ne savent pas rouler au-dessus de 40 à l’heure en montagne. Pour cette dernière catégorie, je vous le dis tout net, ce n’est pas simple.

 

Me voici donc un dimanche matin devant une 911. Ça peut paraître banal tellement il y en a dans les rues de Genève, mais là c’est quand même plus un véhicule d’exception qu’un signe extérieur de richesse. D’exception parce que la « jument » est en parfait état et qu’elle ne fait pas une seconde ses 177’000 kilomètres. J’avoue que j’ai comme une boule dans la gorge.

 

Oui, c’est vrai, ce n’est qu’une voiture, mais celle-là c’est la même que Ric Hochet, détective journaliste de mon enfance, la BD Ric Hochet, pas le caillou qu’on lance dans le lac pour le faire rebondir.

 

En regardant cette Targa de plus près, je vois que tout est d’origine, sauf une touche de luxe, le propriétaire y a ajouté un lecteur CD, il ne reste donc plus qu’à trouver des CD’s, il doit bien rester des compilations de chanteurs morts quelque part. En revanche le boitier qui distribue les cassettes audio est toujours là. Pour ceux qui ont moins de 20 ans, allez voir sur internet sous « cassette audio »,  vous verrez c’est très vintage. On a donc l’impression que cette voiture n’a pas bougé depuis 37 ans et mis à part une fine couche de poussière qui la recouvre, j’ai l’impression d’être propulsé dans le passé tel Marty McFly et sa DeLorean. Sauf que là, c’est une Allemande.

 

La boule dans la gorge se fait plus présente et je ressens un pointe d’angoisse ; et si je n’arrivais pas à la conduire ? Et si la belle se faisait réticente et si je ne savais plus embrayer ? Et si la climatisation ne fonctionnait pas ? – aucun risque, y en n’a pas, c’est une targa, il n’y a qu’à enlever le toit.

 

Je me retrouve donc assis au volant. Je cherche la clé de contact. Je ne la trouve pas. Ah oui, c’est juste. Héritage des 24 heures du Mans, chez Porsche la clé est à gauche du volant. Je tourne la clé et elle démarre au quart de tour. Le premier contact avec la boîte à vitesses est un  peu compliqué, ce n’est pas simple de passer la première, il faut oser appuyer sur les gaz, sinon vous vous retrouvez planté au stop. Définitivement, démarrer avec une voiture de 81 n’a RIEN à voir avec les véhicules d’aujourd’hui. Rien.

 

Je démarre.

 

Je roule.

 

Non, je CONDUIS… C’est la première Porsche de collection que je « pilote » et je crois que c’est la première fois que je « conduis » vraiment une voiture. Jusqu’à maintenant je m’étais contenté tourner le volant, d’appuyer sur les gaz et de vérifier qu’il n’y avait pas d’obstacle devant moi. Mais là c’est autre chose, on sent qu’il faut réfléchir à tout ; réfléchir pour rétrograder, réfléchir pour accélérer, réfléchir pour trouver les vitesses. Quoi que sur ce point la boîte est étonnement précise et après quelques kilomètres, quand vous rétrogradez de 4ème en 3ème, ça passe (presque) tout seul. Mais sur ces voitures, changer de vitesse est déjà une expérience.

 

La direction est très dure, c’est une voiture qui demande qu’on la motive pour aller à droite ou à gauche, la direction assistée ne faisait pas partie du package à l’époque.

 

Avant prendre place au volant de cette Porsche j’avais était faire mon jogging. Parfait. Le matin j’ai « fait les jambes », l’après-midi j’ai « fait le haut du corps », il ne suffit pas de penser vouloir tourner pour qu’elle tourne. On est bien loin des voitures « autopilotées et électriques » que l’on est en train d’essayer de nous vendre. Ça me fait d’ailleurs penser que lorsque vous avez roulé dans une voiture comme celle-là, on vous donne une Tesla, vous l’incendiez. C’est un choix de vie.

 

Les heures qui ont suivi ont été à la limite de l’orgasme routier. J’ai été en fusion totale avec la voiture. Vous ne vous déplacez plus du point A au point B comme on a tendance à le faire au volant de nos jours, là, vous roulez… C’est une expérience de vie, un plaisir brut comme en moto. Ça fait un doux bruit rauque à tel point qu’en passant dans un tunnel, vous rétrogradez exprès, juste pour le bruit –essayez de faire ça avec une Tesla, vous verrez, c’est moins fun !

 

Même quatre heures après avoir rendu la voiture, je ne peux m’empêcher de sentir encore cette proximité avec la nature, le soleil, le vent, la vitesse et les coups de soleil. Forcément en Targa et sans le toit, il y a des conséquences. Mais en me posant devant mon clavier je ne peux m’empêcher de repenser à ces instants de pur plaisir, cela faisait longtemps que je n’avais plus hurlé de joie au volant juste en entendant la reprise d’un moteur en passant de la 3ème à la seconde et en mettant le pied au fond, cette sensation de « kart » qui vous laisse croire que rien ne peut vous arriver – après tout cette belle demoiselle a plus d’expérience que moi sur la route. Quelle sensation de plaisir unique !

 

En conclusion, lorsque je revenais sur le réseau routier genevois où les cadors de la mobilité se font un plaisir de vous pourrir la vie, je ne pensais même plus au lundi qui arrivait, au boulot qui recommençait. Non, je pensais à trouver un DÉTOUR pour arriver à mon point de chute. Quand vous roulez avec des trucs pareils, vous voudriez que jamais ça ne s’arrête. Ces voitures de collection ont une âme, c’est fun, c’est grand, c’est fabuleux. Pas besoin d’aller à 180 pour s’éclater. De toute façon entre le bruit et les vibrations, à 90 à l’heure vous avez largement l’impression d’être à 200.

 

Et puis il y a une chose qui n’est pas négligeable, c’est que si vous achetez un de ces modèles, qui valent autour de 60’000 Frs, ils n’ont pas fini de prendre de la valeur. Alors vous pourriez peut-être rouler, vous éclater et ne pas perdre d’argent, ce qui serait une première avec un voiture. Il est vrai que la Porsche 911 SC Targa de 81 reste peu adaptée pour aller skier en hiver, mais franchement, quand vous avez ça dans le garage, à quoi bon aller skier. Il faut juste trouver du soleil, des routes avec plein de virages et rouler…

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Depuis que j’ai commencé à m’improviser chroniqueur automobile, les gens ont très vite pris l’habitude de me demander – avant de savoir comment je vais – quelle est ma voiture préférée. Ça fait 12 ans que j’écris des chroniques sur la bourse et soudainement, je m’occupe de voitures et tout le monde se fout totalement de la bourse, des changes et de la couleur du Bitcoin.

Thomas Veillet

Thomas Veillet s’est lancé un peu par hasard dans l’écriture de chroniques boursières il y a 12 ans. Depuis, la passion ayant fait son chemin, il était temps de passer à autre chose que la finance.

Depuis quelques temps, il s’est lancé dans les « chroniques auto et moto » – pour apporter de l’expérience conducteur et ne pas saouler le lecteur avec de la technique… Technique que l’on trouve sur les autres sites…

C’est avec son habituel ton décalé qu’il va essayer de vous faire partager ses aventures au volant ou au guidon. Tant que la maréchaussée lui laissera son permis.

Chroniques financières journalières de Thomas :
www.investir.ch/auteur/thomasveillet/

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