La mode italienne ça ne va pas à tout le monde

by | 16 Jun, 2018

DUCATI 939 HYPERMOTARD 2018

Je ne sais pas si vous avez déjà essayé d’acheter une chemise « italienne ». J’imagine que oui. Personnellement, chaque fois que j’ai tenté l’expérience je suis toujours ressorti du magasin avec la forte envie de me mettre au régime. En effet, je peux la fermer si je commence par le haut, mais arrive une certaine altitude, je ne peux plus mettre les boutons dans les petits trous de l’autre côté ou alors il faut que je retienne mon souffle et que je rentre le ventre, mais c’est toujours handicapant sur le long terme.

Je reconnais que je n’ai pas le physique élancé de Buffon, mais en même temps les italiens ne font pas tous 1.91m pour 83 kilos. Donc à chaque fois que je tente la mode italienne, même si je suis dans ma période je cours six fois par semaine et je ne mange du Quinoa, je suis frustré parce que j’ai l’impression que je ne fais pas partie de la « norme ».

En passant la porte de chez Ducati, je ne pouvais pas m’empêcher de me dire que ça risquait bien d’être la même chose chez eux. Pas qu’ils allaient me vendre une chemise, non,  mais après avoir fait mon travail de journaliste et d’avoir mesuré la hauteur de selle de l’Hypermotard 939, je me disais que ça n’allait pas être simple de toucher le sol. Mais mon obstination naturelle n’allait pas me faire renoncer pour si peu, même si je devais  la piloter avec les mêmes bottes à semelles compensées que le groupe ABBA. Bien qu’il n’est pas certain qu’il soit autorisé de piloter un moto italienne avec du matériel suédois.

Effectivement, je ne touche pas le sol. Mais c’est pas la première fois, alors on ne va pas en faire un plat. Le premier démarrage en côte était un peu complexe, mais une fois que vous êtes lancés, tout va bien. Et il faut dire que l’Hypermotard est légère donc même sans toucher le sol, c’est pas grave.

Après 150 mètres, la première chose qui frappe c’est le fait que l’on vous a piqué le phare avant et la fourche. On est assis tellement en avant, dans une position inhabituelle sur une moto que le coup d’œil est perturbant, mais après 3 minutes c’est oublié et on peut se concentrer sur les rétroviseurs qui sont là pour décorer tellement il ne servent à rien, cela rappelant régulièrement qu’une Ducati c’est pas fait pour être devant, mais c’est fait pour être LOIN devant, là où le rétroviseur ne sert plus à rien.

Je ne vais pas perdre trop de temps à décrire la moto, elle est belle. On ne peut pas reprocher ça aux Italiens, c’est des esthètes et ils savent ce qui est beau. Quand j’étais un jeune motard, si j’avais du rêver d’une moto, ça aurait été ça.

Les 50 premiers kilomètres furent mâtinés d’interrogations. Je la trouvais un peu trop brutale, un peu trop faite pour tout sauf de la route et de la ville, puis je me suis intéressé aux différents modes de conduites.

Xavier, le patron de Ducati Genève, m’avait prévenu : « Tu verras c’est une moto pour grands gamins attardés » – j’avoue que je me demandais comment il m’avait percé à jour en 3 minutes.

Un grand gamin attardé, c’est tout moi sur la route – pas très grand, mais gamin quand même. Surtout après avoir compris que les modes « urban » et « touring » ne servent à rien et que le seul mode qui correspond à l’Hypermotard 939, c’est le mode « sport » et puis c’est tout.

Une fois que j’eu compris que c’était comme ça qu’elle donnait tout sa quintessence, j’ai aussi compris qu’il fallait que je grandisse et que je la ramène rapidement au garage avant de perdre tout contrôle sur mon humble personne.

Mais revenons rapidement sur les trois modes de conduite, en mode urbain, on dirait que Dieu tient les testicules de la moto dans ses mains et les serre à chaque accélération, abrégeant du même coup tout velléité d’indépendance. En mode « touring », on peut raisonnablement se demander qui aimerait faire du « tourisme » sur une Hypemotard, à moins d’être masochiste, ne restant plus que le mode « sport » pour vivre à fond chaque instant que vous passerez assis sur cette bécane.

Quand je dis assis, c’est un grand-mot parce que la selle rabaissée – longueur des jambes oblige – sur laquelle je fus posé pendant une journée ne restera pas les mémoires du confort selon les canapés Roche-Bobois. 48 heures après, je dormais encore assis dans un bac de glace, mais il paraît que ça passe avec le temps et l’habitude. Et vous savez quoi, j’ai envie d’y croire parce que rouler sur cet engin, en faisant abstraction des 50 premiers kilomètres d’incompréhension, c’est tellement joueur que l’on n’a pas envie que ça s’arrête.

Seul problème, il faut attaquer tout le temps. L’Hypermotard ne supporte pas de rouler bas dans les tours pour regarder les vaches au bord de la route. Alors y aller à fond à fond en montant à la Barrillette pour aller manger la fondue, ça va. Pour en redescendre, lesté de la même fondue, ça va aussi. En revanche pour traverser la ville de Genève à 15h30 en pleine circulation, c’est plus compliqué. Surtout que les voies de bus et les trottoirs vous font des appels du pied et que résister ce n’est pas simple.

En conclusion, la Ducati Hypermotard 939 est extrêmement joueuse, elle peut même vous faire rajeunir d’une bonne trentaine d’année, à une époque où les routes n’étaient peuplées de petits hommes bleus. Le terme « moto faite pour un grand gamin attardé » n’a jamais autant convenu à un véhicule… Depuis, je me réveille en sueur toutes les nuits, rêvant que je traverse Genève sur la roue arrière en passant par les trottoirs et les voies de bus, sans l’autorisation de Barthassat. Et puis elle m’a fait comprendre également quel les Italiens savent faire autre chose que des voitures de course et des chemises trop petites et que si on fait des efforts, on peut rentrer dans leurs chemises, bien que ça soit quand même plus fun de rouler en Hypermotard.

Merci à Xavier de chez Ducati Genève pour le prêt de la moto et de m’avoir inspiré sur le concept du grand gamin attardé. Je suis découvert. 

Ducati genève

Rue de la Fontenette 8, 1227 Carouge, GE
022 342 5100
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www.ducatigeneve.com

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Depuis que j’ai commencé à m’improviser chroniqueur automobile, les gens ont très vite pris l’habitude de me demander – avant de savoir comment je vais – quelle est ma voiture préférée. Ça fait 12 ans que j’écris des chroniques sur la bourse et soudainement, je m’occupe de voitures et tout le monde se fout totalement de la bourse, des changes et de la couleur du Bitcoin.

Thomas Veillet

Thomas Veillet s’est lancé un peu par hasard dans l’écriture de chroniques boursières il y a 12 ans. Depuis, la passion ayant fait son chemin, il était temps de passer à autre chose que la finance.

Depuis quelques temps, il s’est lancé dans les « chroniques auto et moto » – pour apporter de l’expérience conducteur et ne pas saouler le lecteur avec de la technique… Technique que l’on trouve sur les autres sites…

C’est avec son habituel ton décalé qu’il va essayer de vous faire partager ses aventures au volant ou au guidon. Tant que la maréchaussée lui laissera son permis.

Chroniques financières journalières de Thomas :
www.investir.ch/auteur/thomasveillet/

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