Mon nom est Martin, Aston Martin

by | 26 Mar, 2018

aston martin dbs v12 (2008)

Il est des week-ends qui restent mythiques à leur manière. Samedi matin on m’a demandé de prendre une Aston Martin V8 Vantage pour aller chercher une Aston Martin DBS V12 que je pourrais ensuite tester durant quelques heures. Inutile de vous dire qu’entre faire les courses de la semaine à la Migros du quartier ou enfiler mes baskets et mon smoking pour aller tester la DBS de James Bond, la réflexion fût rapide, je renonçais la mort dans l’âme à pousser mon caddie pour aller pousser une anglaise à la place.

 

Tout d’abord il faut reconnaître que je porte le smoking beaucoup moins bien que Daniel Craig et c’est probablement dû à notre tour de taille qui est… comment dirais-je ; différent en terme de surface caressable. La mienne, plus importante rend le port du nœud papillon beaucoup moins seyant. J’ai donc renoncé à la chose, me contentant du jeans basket qui est tout de même beaucoup plus pratique.

On se rassure comme on peut.

Les premières minutes de ce samedi matin ensoleillé en ce début de printemps resteront sûrement dans les annales. Surtout dans MES annales personnelles, parce que faire Genève-Nyon par les chemins vicinaux avec deux Aston Martin qui se courent après, ça reste des moments inoubliables. 100 mètres après être sortis du garage nous nous faisions déjà prendre en photo par un groupe de touristes japonais perdus dans une zone industrielle genevoise.

Mes premiers tours de roues dans la V8 Vantage me remplissaient de joie, même si, en suivant la DBS qui roulait devant moi, j’avais l’impression de rouler dans une Tesla tellement je n’entendais pas le bruit de mon V8. Néanmoins force est de constater que la classe de ces voitures anglaises ne se dément pas et même à petite vitesse, j’avais un plaisir énorme à me laisser glisser au volant de cette voiture magnifique et largement assez puissante par rapport à ma Volvo de fonction et par rapport aux réglementations dictatoriales de la sécurité routière en Suisse.

Tout était là, le soleil, le printemps qui revenait, la neige qui fondait et la perspective de me mettre au volant de LA voiture de James Bond dans quelques minutes. Je profitais d’être dans l’antichambre de la DBS pour faire le tour d’horizon de l’habitacle de la Vantage ; du cuir, des sièges ultra-confortables et enveloppants qui vous disent aussi que « si vous continuez à manger comme ça, vous ne pourrez plus la conduire », peu de plastique, un tableau de bord somme toutes assez épuré et un GPS. En ce qui concerne le GPS, on sent bien que les ingénieurs de chez Aston Martin n’avaient pas envie de le mettre et que c’est contraints et forcés qu’ils ont fait le boulot.

Premièrement il est rangé dans le tableau de bord et il faut une demi-heure d’inspection pour trouver comment l’ouvrir et quand il est ouvert il faut un miracle pour trouver comment le fermer, parce que pour ce qui est de l’utiliser, je suppose qu’ils ont racheté celui que Lada mettait sur leurs derniers modèles tellement il fait « has been avant d’avoir été ».

Mais peu importe, dans ces caisses de sport, je n’ai toujours pas compris l’utilité d’un gadget pareil sauf pour ceux qui ne parviennent pas à faire la différence entre le tunnel du Mont-Blanc et celui du Saint-Bernard.

Puis on s’est arrêté et j’ai pris possession de la DBS.

Je dis prendre possession, parce que le plus dur dans ce test, ça aura quand même été de la rendre. Quand le patron d’Honoris Car m’a remis la clé dans la main, j’ai senti comme une connexion avec la voiture, ce n’est pas moi qui le voulait, c’est elle qui me voulait et elle insistait.

Déjà la clé. Dans les derniers modèles d’Aston Martin, la clé c’est une espèce de diamant taillé en pointe qui fait office de contacteur. Contacteur que l’on glisse dans le tableau de bord, comme quand Lara Croft introduit un truc dans un mur que ça ouvre une porte, chez Aston, ça démarre la voiture. Enfin, la voiture, c’est vite dit parce qu’à entendre le feulement du V12 au démarrage, on a tendance à se dire qu’à la base ils voulaient faire un avion de chasse, mais qu’il n’y avait plus assez de carbone pour faire les ailes, alors ils ont fait une voiture.

Ensuite, bruit mis à part, avant de rouler, il faut quand même se dire que c’est LA VOITURE DE JAMES BOND… dans Casino Royale… Oui, parce que le rêve absolu serait tout de même de tester la DB5 utilisée dans Goldfinger – suis même prêt à donner un rein pour ça. Mais quand même c’est l’Aston Martin qu’ils ont utilisé dans le premier James Bond avec Daniel Craig. Pas celle que j’ai testé, non parce que celle du film elle a fini en bloc de métal pour le César du meilleur acteur en 2009 après avoir fait le record de tonneaux au cinéma – sept – elle sera restée moins d’une minute à l’écran.

Moi, j’avais la même, mais avant les tonneaux et je vous rassure de suite, je n’ai pas tenté de battre le record.

À partir de là, je vais tenter de vous compter ce qui s’est passé de mémoire, parce que j’étais dans un état second. Il est vrai que conduire un monstre pareil, c’est un mélange de bonheur à l’état pur, de trouille intense de taper dans un trottoir et de laisser 5’000 frs de carbone sur la route et une espèce d’orgasme orgasmique permanent.

Les premiers instants, je me suis contenté de rester assis dans la voiture et la sentir vibrer. Pendant un moment, j’avais presque pas envie de bouger pour que le moment ne s’arrête jamais. Il y avait un truc assez émotionnel, presque un coup de foudre automobile, même si parfois j’ai tendance à m’emballer un peu… Après ces instants à l’eau de rose et qui ne sont pas dignes d’un James Bond bien viril,  je suis parti avec mes 517 chevaux et ma boîte manuelle  sur les routes sinueuses du bas Jura avec pour plus gros challenge, éviter les cyclistes qui profitaient de ce premier week-end ensoleillé pour rouler à trois de front parce que eux ils ne font pas de bruit, parce que eux ils ne polluent et parce que eux c’est des sportifs.

Contrairement à moi qui n’était qu’un gros frimeur dans ma voiture, et plus c’était même pas la mienne, le temps courait d’ailleurs contre moi car dans deux heures je DEVAIS la rendre – je prenais donc l’option de terroriser deux ou trois pelotons de cyclistes en rétrogradant de 3ème en seconde et en mettant le pied au fond, ce qui a le don de calmer tout le monde.

Les premiers virages dans la montée de Saint-Cergue furent fantastiques, d’abord parce qu’ils étaient là beaucoup plus rapidement que quand on monte là haut avec une Dacia Duster, mais aussi parce que l’animal que je conduisait donnait une sensation de toute puissance, l’ange de la route. La puissance du moteur, le bruit de tonnerre à chaque accélération et le freinage qui va avec me donnaient le sentiment d’être vraiment James Bond, manquait encore quelques trucs, le physique, le Walter PPK et la co-pilote, mais globalement, c’était quand même fabuleux.

Le retour sur l’autoroute ne faisait que confirmer la chose, l’Aston Martin est fabuleuse à conduire sur les chemins vicinaux à basse vitesse, mais elle est aussi fantastique à cravacher sur une route plus droite et qui permet d’aller plus vite. J’IMAGINE, je dis bien J’IMAGINE que ça marche super-bien à 180 kilomètres à l’heure, mais comme je n’avais pas le temps d’aller sur circuit, je ne peux que fantasmer sur le sujet.

Par contre, il y a une constante sur l’autoroute en Suisse, c’est le nombre de justiciers de la route qui peuplent nos contrées.

Vous arrivez à gauche à 123 kilomètres à l’heure – moins la tolérance Monsieur l’agent – et devant vous y a un type avec une Peugeot 5008 diesel qui est convaincu qu’il peut tenir tête à une Aston Martin DBS en toutes conditions, qui roule à 110 attendant de doubler l’autre voiture 800 mètres devant qui roule à 109… Je profite donc de cette tribune pour signaler à tout ceux qui se prennent pour des justiciers, que rouler en-dessous de la limitation de vitesse, ne vous rapporte pas de l’argent. Le service des contraventions n’a pas un fonds spécial pour verser des primes d’encouragement à ceux qui roulent lentement.

Alors quand vous avez un agent du MI6 qui arrive derrière vous avec une caisse de 517 chevaux, dites-vous peut-être qu’il est en train de sauver le monde et qu’il y a urgence. N’oublions pas non plus qu’à cette heure de la journée, je n’avais toujours pas fait mes courses à la Migros et qu’il y avait un gros risque de défaillir d’inanition dans la soirée.

Mais revenons à la DBS. Le gros avantage c’est que si vous roulez déjà dans une Aston Martin, l’intérieur est le même, un peu plus luxueux dans la DBS, mais le GPS est toujours aussi compliqué à gérer, sans parler de la musique mais on s’en fout, la musique c’est les échappements qui vous donnent l’impression d’avoir la patrouille suisse au cul en permanence. Les accélérations 2ème-3ème-4ème sont phénoménales tant par le bruit que par la sensation que la voiture est en limite d’adhérence.

Je dois dire que j’aurais voulu pouvoir tester la haute vitesse, mais pas le temps, on va faire comme si. Je me suis donc connecté sur ma PS4 sur Gran Turismo j’ai roulé à 300. C’est impressionnant, ça ne sert à rien, mais c’est impressionnant. Ce qu’il faut retenir de cette voiture c’est la classe folle qui s’en dégage, le soin du détail, le look de bête de concours qu’elle affiche, le mythe qu’elle représente et le fait qu’elle fait tourner les têtes, tant à cause du bruit que de la gueule qu’elle affiche. Si en plus vous portez le smoking PAS comme moi, mais MIEUX, vous pouvez faire forte impression pour aller bruncher à l’hôtel de Bergues.

J’ai adoré, mon week-end, il aura été mythique rien que pour ça. Comme quoi un six litres de 517 chevaux, c’est aussi bien comme antidépresseur. En plus cette voiture a un avantage incommensurable, on peut la rouler au bruit… Même en fermant les yeux vous devinez le régime moteur, d’ailleurs vaut mieux parce qu’à 6’800 tours c’est rupteur et y à même pas de zone rouge sur le compte tour qui bouge comme tout ce que font les anglais – dans l’autre sens.

Par contre, le plus gros problème de l’Aston Martin DBS V12 – c’est que vous DEVEZ rouler les fenêtres ouvertes, juste pour savourer le bruit, ce qui est moins drôle quand il pleut.

Bon. En même temps, qui va sortir un truc pareil quand il pleut ?

Bref, j’ai adoré. Je ne sais pas si j’ai adoré à cause du fait que c’est la voiture à James Bond (probablement que ça fait 50% du trip) ou parce que c’est un monstre atypique qui fait rêver et qui ne dépareillerait pas dans une collection de voiture, paraît même qu’elle va prendre de la valeur, ce qui pour une fois ferait que je gagnerais de l’argent avec une voiture, ce qui serait une première.

Merci encore une fois à Honoris Car pour ce test. Je répète que c’est LA même que dans Casino Royale, mais sans les tonneaux. Il ne me reste plus qu’à redescendre sur terre et envisager l’essai d’une Dacia Duster ou d’une Citroën Cactus, mais franchement, il est des voitures que l’on n’oublie pas et l’Aston Martin DBS V12 fait partie de celles-là – j’ai encore la musique du générique du dernier 007 en tête puisque j’ai passé le reste du week-end à me dire que si j’avais choisi autre chose comme métier, ça aurait été agent secret.

Veillet, Thomas Veillet

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Aujourd’hui, je me fais un trou en un

Depuis que j’ai commencé à m’improviser chroniqueur automobile, les gens ont très vite pris l’habitude de me demander – avant de savoir comment je vais – quelle est ma voiture préférée. Ça fait 12 ans que j’écris des chroniques sur la bourse et soudainement, je m’occupe de voitures et tout le monde se fout totalement de la bourse, des changes et de la couleur du Bitcoin.

Thomas Veillet

Thomas Veillet s’est lancé un peu par hasard dans l’écriture de chroniques boursières il y a 12 ans. Depuis, la passion ayant fait son chemin, il était temps de passer à autre chose que la finance.

Depuis quelques temps, il s’est lancé dans les « chroniques auto et moto » – pour apporter de l’expérience conducteur et ne pas saouler le lecteur avec de la technique… Technique que l’on trouve sur les autres sites…

C’est avec son habituel ton décalé qu’il va essayer de vous faire partager ses aventures au volant ou au guidon. Tant que la maréchaussée lui laissera son permis.

Chroniques financières journalières de Thomas :
www.investir.ch/auteur/thomasveillet/

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