Vivant ! Je suis vivant !

by | 19 Jun, 2018

Yamaha MT-10 SP

Ce matin je me suis levé, je me suis bousculé pour aller à mon rendez-vous « chez Badan ». Badan c’est l’agent Yamaha de mon enfance. Mes premières motos, mes premières dépenses pour modifier la moitié de la bécane en pensant que ça irait mieux après, se sont faites là-bas. En payant mon ticket des TPG et en m’asseyant dans mon bus je ne savais pas trop à quoi m’attendre.

 

On m’avait dit : « On va te prêter la MT10 SP, c’est une vraie moto ». Moi qui roule d’habitude sur un tracteur américain, ça faisait longtemps que j’avais arrêté de m’intéresser aux gammes produites par le pays du soleil levant. Alors je me suis documenté un peu.

 

Tout d’abord, si vous allez sur le net et vous « googlez » MT-10 SP, vous avez des gars qui prennent des angles de malades avec une moto qui ressemble à « Optimus Prime » si il n’avait pas été un semi-remorque. En regardant les spécifications techniques, je me suis rapidement rendu compte qu’il allait falloir éviter de manger trop lourd à midi si je ne voulais précipiter ma digestion dans la descente du col qui était prévu au programme.

 

160 chevaux pour 210 kilos ??? En voyant les spécificités techniques de ce monstre – parce qu’il n’y pas d’autre terme – je commençais à avoir peur. J’étais limite en train de me trouver des excuses : « Oui, je suis coincé dans un tunnel, dans les embouteillages, en plus mon avion est en retard et puis Guy Parmelin veut me voir dans son bureau».

 

https://www.yamaha-motor.eu/ch/fr/produits/motos/hyper-naked/mt-10-sp.aspx

 

J’ai alors décidé de stopper l’attaque de panique qui me prenait à la gorge en soufflant à l’intérieur du sac en papier dans lequel se trouvaient les 8 petits pains au chocolat que j’avais avalé pour espérer gagner quelques kilos et handicaper du même coup la moto et ses accélérations… Bref à la fin je décidais de me motiver, en répétant en boucle : « j’y vais mais j’ai peur, j’y vais mais j’ai peur ».

 

En arrivant sur place, je faisais le mec qui assure. Mais en fait je n’assurais pas du tout. En entrant dans le magasin, un vendeur expliquait le fonctionnement d’un scooter 125 à une cliente. Cliente que j’ai immédiatement envié, j’avais soudainement une furieuse envie de m’évader dans les cols alpins en Xmax 125.

 

Ensuite tout a été très vite.

 

Toute la journée a été très vite en fait. Je ne sais pas pourquoi, mais quand vous montez sur ce truc, tout va plus vite. L’espace temps n’est plus configuré pareil.

 

On m’a d’abord fait l’article de la moto en 12 secondes :

 

« Voici la carte grise, voici la clé, elle a des amortisseurs Ohlins et tu as 4 modes de conduite préprogrammés, je te mets le plus facile, tu la ramènes quand tu veux, bonne route ! ».

 

Douze secondes je vous dis. Ensuite J’ai fait le tour de la MT10-SP, elle a effectivement un look de « Transformer », elle a l’air puissante et massive et surtout, puissante. En fait elle pas que l’air. C’est tout simplement monstrueux.

 

S’en est suivit un grand moment de solitude.

 

Je me disais ; si je vais au bout de la rue, y a un bistrot, je me pose là-bas, j’y passe la journée et je dirais que j’ai fait la Furka. Personne n’y verra rien. Je pourrais toujours raconter n’importe quoi dans mon article en m’inspirant du test de Moto-Journal.

 

Mais mon côté « chiche que t’oses pas » a finalement pris le dessus.

 

Dès les premiers mètres, je me suis sentis envahi pas une poussé mystique, probablement à force de crier « oh mon dieu, oh mon dieu et…oh mon dieu » sous le casque. On sent immédiatement la puissance animale qui est cachée sous le 4 cylindres. Sauf que je suis encore en ville et que si je passe la seconde, je risque déjà 5 ans de prison au minimum.

 

Les premiers kilomètres ont donc été raisonnables alors que je cherchais à trouver le moyen le plus rapide de quitter la ville. Mais déjà là, je sentais que je devais me méfier. Ne pas me laisser emmener par les 160 chevaux qui ne demandaient qu’à galoper en plein air. Puis vinrent les premiers contreforts montagneux et la MT-10 à commencé à faire son show.

 

C’est la seconde moto que je conduis qui est équipée du fameux « shifter » qui vous dispense d’embrayer et, du même coup, de couper les gaz. Avant le shifter, ce genre motos avaient une accélération de folie, aujourd’hui c’est carrément indécent.

 

L’accélération est proprement phénoménale, pas brutale, juste phénoménale et il n’y pas d’interruption, je n’ai même jamais testé la moto à fond et la mettre au rupteur, c’est impossible sur route ouverte… Surtout si l’on tient à conserver un rapport amical avec les forces de police que je salue au passage.  Je ne vous parlerai pas de chiffres, mais disons que je soupçonne que le compteur digital de la Yamaha est étalonné par tranche de 10 km/h parce que ça monte tellement vite qu’on n’a pas le temps de voir les chiffres intermédiaires. Avec la MT10, c’est 10-20-30-40-50, pis après ça saute direct à 100 et ensuite ça se brouille, à cause des larmes dans les yeux.

 

Je dois avouer que j’ai eu peur en montant dessus, mais assez rapidement, j’ai pris confiance. C’est en général là que ça se gâte. La montée de la vallée d’Abondance m’aura permis d’apprendre à enfiler les virages en penchant chaque fois un peu plus. Et à chaque fois où je penchais un peu plus, je me disais « Là, ça passe pas ». En fait, ça passe. Il faut dire que la moto de test que j’avais à disposition était équipée de Pirelli qui n’était pas franchement lisses, mais franchement « slicks ». Et quand vous rentrez dans une courbe à ccccennn…euh… vite… vous imaginez le profil des pneus et vous vous Re-dites : « là c’est sûre, ça passe pas »….

 

Mais si, ça passe.

 

Ce qui aura été plus surprenant pour moi, qui suis un motard du dimanche qui aime la promenade et qui préfère quand ça fait « touk touk touk » que quand ça fait « woooouuuiinnnnn », c’est que l’on s’habitue assez rapidement à ce type de bécane. Bon, pas au point d’aller m’acheter une combinaison de cuir et de marcher comme mon fils quand il avait le pampers trop plein, mais on s’habitue rapidement à cette accélération démente et ce freinage diabolique.

 

Pour moi c’est justement le problème, on s’habitue trop vite. Rappelez-vous, en partant du garage on m’avait mis un « mode de conduite facile ». En arrivant au pas de Morgins, j’avais pris confiance et je me suis dit que je pourrais tester le mode « pas facile ».

 

Quand je suis arrivé en haut du col, je me suis dis que, finalement je ne m’en sortais pas si mal pour un amateur. Quand j’ai enclenché le mode B avec le POWER 1 et le TCS 1, je me suis rendu compte que je n’étais même pas un amateur, j’étais un  mauvais joueur de PlayStation tout au plus.

 

Alors POWER 1, ça veut dire : FULL POWER !!! et TCS, je ne sais pas ce que ça veut dire, mais ça veut pas dire « Touring Club Suisse ». Instantanément la moto se transforme en avion de chasse – sans les ailes – c’est bien simple, on dirait que jusque-là je roulais sur 1 cylindre et que soudainement on m’avait ouvert les 3 autres… De la F-O-L-I-E !!!

 

La descente en plaine s’est faite en ligne droite, c’était plus simple. Puis j’ai rapidement remis le mode facile, étant donné que j’avais l’intention de rentrer avec mon permis.

 

Pour le reste, c’est bien simple, ça roule tout seul, c’est joueur, ça ne freine pas, ça PLANTE, surtout quand on roule Harley le reste de l’année et puis ça fait mal au cul.

 

Oui ça fait mal au cul, mais en même temps, les gars qui roulent là-dessus ils mettent des grosses combinaisons de cuir et je soupçonne que ça doit être renforcé dessous comme dans les shorts de vélo. En tous les cas après 100 kilomètres vous vous demandez s’ils ont mis une planche en bois à place de la selle, après 150 kilomètres vous vous demandez simplement s’il y a une selle et après vous ne sentez plus rien. Vous sentirez le soir en rentrant, mais ça voudra dire que vous êtes vivant et ce n’est pas si mal.

 

En conclusion, durant cette journée j’ai appris plusieurs choses :

 

  • on peut s’habituer assez rapidement à un monstre pareil
  • il faut savoir raison garder et contrôler sa vitesse
  • je suis trop vieux pour ces conneries
  • il faut savoir raison garder et contrôler sa vitesse
  • on peut se poser la question plusieurs fois dans la journée si on devrait en acheter une (de MT10)
  • il faut savoir raison garder et contrôler sa vitesse
  • on se DIT plusieurs fois dans la journée que JAMAIS on n’achètera un truc pareil
  • il faut savoir raison garder et contrôler sa vitesse
  • à la fin de la journée on ne sait toujours pas si on va en acheter une ou pas

 

Mais c’est un fabuleux jouet qui demande le plus grand respect. La MT-10 n’aura aucun respect pour vous, mais vous, vous le lui devez. Si vous lui donnez la moindre latitude de faire ce qu’elle veut, ça va rapidement se compliquer. Je suis rentré fatigué comme jamais de mes 280 kilomètres, j’ai les fesses endolories, je n’ai plus de voix à force d’avoir hurlé « Ô putain » et « Oh mon Dieu » pendant toute la journée, mais je crois que si l’occasion se présente, j’y retourne demain.

 

Merci à Serge et son équipe pour le prêt de la MT10-SP – si jamais, « SP », ça veut dire sensation premium. Allez l’essayer « chez Badan » et vous m’en direz des nouvelles.

BADAN MOTOS

Rue Lamartine 23, 1203 Genève
+41 22 345 30 65
[email protected]
site internet

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Depuis que j’ai commencé à m’improviser chroniqueur automobile, les gens ont très vite pris l’habitude de me demander – avant de savoir comment je vais – quelle est ma voiture préférée. Ça fait 12 ans que j’écris des chroniques sur la bourse et soudainement, je m’occupe de voitures et tout le monde se fout totalement de la bourse, des changes et de la couleur du Bitcoin.

Thomas Veillet

Thomas Veillet s’est lancé un peu par hasard dans l’écriture de chroniques boursières il y a 12 ans. Depuis, la passion ayant fait son chemin, il était temps de passer à autre chose que la finance.

Depuis quelques temps, il s’est lancé dans les « chroniques auto et moto » – pour apporter de l’expérience conducteur et ne pas saouler le lecteur avec de la technique… Technique que l’on trouve sur les autres sites…

C’est avec son habituel ton décalé qu’il va essayer de vous faire partager ses aventures au volant ou au guidon. Tant que la maréchaussée lui laissera son permis.

Chroniques financières journalières de Thomas :
www.investir.ch/auteur/thomasveillet/

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